Espèces exotiques envahissantes

Débutant cette année, le CRE de Laval procède à une surveillance et, possiblement, un contrôle d’espèces végétales exotiques envahissantes. Ces plantes, provenant souvent d’Europe, envahissent une grande étendue de territoire dans les milieux naturels au détriment des espèces indigènes et de la biodiversité créant ainsi des habitats monospécifiques et offrant une variété peu riche en aliments pour la faune. La plante visée, comme premier projet, est le roseau commun (Phragmites australis).

 

Roseau commun (Phragmites australis).

 

Les espèces exotiques envahissantes, aussi appelées EEE, sont des espèces, animales ou végétales, qui n’ont pas évolué dans l’environnement où elles sont introduites (exotiques) et dont la reproduction potentiellement incontrôlable pose une menace sérieuse à la survie des populations d’espèces indigènes et donc à la biodiversité.

 

Les espèces invasives s'implantent aisément dans leur nouvel environnement puisqu'elles sont très compétitives et n'ont pas de prédateurs. Certains environnements sont si favorables à ces espèces que le taux de reproduction augmente de façon exponentielle et devient incontrôlable. Les espèces indigènes entrent en compétition avec des espèces qui sont soit plus tolérantes ou plus agressives, en plus d'avoir peu - ou pas du tout - de prédateurs.

 

Loin d’être de simples « mauvaises herbes », qui ne posent tout au plus qu’un problème d’esthétisme pour les pelouses ou de productivité pour les agriculteurs, les EEE se répandent partout et très rapidement, jusqu’à envahir complètement des milieux naturels. Ceux-ci s’en trouvent affectés à un point tel qu’ils peuvent ne plus représenter des aires de choix pour l’alimentation, le repos ou la reproduction de la faune. De même, certaines populations de plantes peuvent être complètement évincées d’un milieu, ce qui est très grave, par exemple dans le cas d’espèces rares ou à statut précaire. En fait, on estime que les EEE sont la cause principale de la disparition des espèces sur la planète. Ainsi, les EEE représentent une menace écologique, mais aussi économique, puisqu’elles peuvent influencer la productivité des forêts ou même les activités récréo-touristiques. Les États du monde entier commencent donc à prendre la pleine mesure de ce fléau et à promouvoir des campagnes de contrôle ou d’éradication pour limiter les dommages. Le Québec n’y fait pas exception!

 

Le Centre québécois sur les espèces exotiques envahissantes (CQEEE) fut fondé en 2011 par une coalition de scientifiques et de gens issus des milieux communautaires pour mieux outiller les décideurs face au problème et aider à la sensibilisation du public. La création de cet organisme s’inscrit dans la Stratégie nationale sur les EEE du gouvernement du Canada, mise en place en 2004.

 

Le gouvernement du Québec a quant à lui mis en place en 2014 une plateforme web interactive, appelée Sentinelle, qui vise à suivre le développement des différentes populations d’EEE sur le territoire. Au moyen d’une carte interactive, il est ainsi facile pour tout citoyen de connaître les occurences d’EEE relevées dans le secteur qui l’intéresse. Tout citoyen peut également y soumettre ses observations d’EEE, moyennant l’envoi de photos claires et d’informations pertinentes, comme la localisation géographique, l’abondance de l’espèce ou la superficie qu’elle occupe.

 

Depuis 2019, le CRE de Laval participe activement à garnir le volet lavallois de cette plateforme participative. Nous encourageons tous les citoyens à faire de même, car ces données peuvent être très utiles pour cibler les secteurs où des interventions sont prioritaires.

 

Sources

Stratégie nationale sur les espèces exotiques envahissantes – Gouvernement du Canada

Sentinelle – Gouvernement du Québec

Le Conseil québécois des espèces exotiques envahissantes

 

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